En ce qui me concerne, je les rangeais précieusement dans ma trousse ou dans mon plumier.... les images à côté des bons points. Il fallait 10 Bons points pour pouvoir demander à l'instituteur de les échanger pour 1 image.
Les bons points étaient difficilement gagnés mais ils pouvaient être facilement repris ! Dur apprentissage de cette règle couramment utilisée en ce bas monde du "bâton et de la carotte" !!
Les séries d'images avaient généralement un but éducatif comme cette série consacrée aux légumes; à cette époque, beaucoup des familles avaient un potager et mieux connaître les plantes, faisait partie de cet apprentissage tourné vers le concret. L'image avait une certaine noblesse, fruit d'un long travail de sérieux et de patience, alors que le "Bon point" symbolisait le dur labeur aléatoire du quotidien. Très souvent, l'image restait belle et propre; l'enfant la conservait précieusement. Parfois même, il inscrivait son prénom au dos de l'image, côté commentaire.
Le "Bon point" lui, s'usait plus facilement: passant de main en main, faisant des aller-retour de celle du maître à celles des enfants, traînant au fond d'une trousse ou d'un cartable, il subissait les durs outrages du temps ! Parfois, le maître sortait de nouvelles planches de bons points qu'il fallait découper un à un: cette multitude de bons points neufs alignés les uns à côté des autres, nous laissait entrevoir les "portes du paradis" de l'éducation nationale.


